Connaissez vous les Camps que la France a mis en
place en Mars 1962 pour y entasser ceux qui avaient combattu auprès de
l'Armée française en Algérie?
Ils s'appelaient les Harkis! Ils étaient Français!
Des hommes, des femmes et des enfants ont vécu de 1962 à la fin des
années 70 enfermés dans des camps fermés par des barbelés.....
Savez-vous qu'il y en avait un sur la commune de Briffons, non loin de Bourg Lastic, au lieu dit "le camp"?....
Voilà des témoignages de ceux qui ont été entassés comme des bêtes dans des camps français sur le sol français, en Auvergne!!!!!
Mais pourquoi accuser la France et pas le FLN? «Si nous avions pu
conserver nos armes, nous aurions pu nous défendre», lance en réponse
Mohamed Krouk. Engagé comme supplétif de l'armée française en 1955, il
se souvient des ruses françaises utilisées pour le désarmer. «Après le
cessez-le-feu, un chef de compagnie nous a dit de rendre nos armes
parce qu'on allait nous en fournir de nouvelles. Illettrés et soumis
aux militaires, nous étions aisément manœuvrables. Je n'ai dû mon salut
qu'à ma débrouillardise, qui m'a permis de gagner une caserne française
sans me faire prendre par le FLN. Malgré les consignes, un capitaine
m'a fait transporter à Alger, d'où je suis parti pour Marseille le 8
juin 1962.» Mais combien n'ont pas réussi à s'enfuir?
«On nous a fait dormir par terre, sous des tentes. Il n'y avait ni
douches ni toilettes. Tous les jours, on partait couper du bois dans la
forêt du lever jusqu'au coucher du soleil, sous la garde des
militaires. Nous n'avions même pas d'eau: nous faisions fondre de la
neige pour étancher notre soif. Je suis resté six mois dans cette
prison où nous étions parqués comme des bêtes. Quand on se plaignait,
on nous menaçait de nous renvoyer en Algérie.»
Il n'oubliera jamais
«Je suis arrivé ici en 1967, dit-il. Avant, je suis resté
prisonnier du FLN en Algérie.» Devant son pavillon reconstruit sur les
décombres des anciens baraquements, Slimane Hachiche sert le café d'une
main tremblante. D'un flot de paroles en arabe émergent quelques mots
de français, «cessez-le-feu, famille, 23 juillet, 9 heures du soir»: le
jour et l'heure de son arrestation par les nationalistes algériens.
Il n'oubliera jamais.
Trois mois auparavant, il avait été désarmé par ses chefs français. Il
raconte: «Pour nous faire partir, l'adjudant nous a dit: “Vous avez
droit à un mois de vacances.”» Arrêté peu de temps après par le FLN,
Slimane Hachiche est emmené dans un camp de prisonniers. Le vieil homme
exhibe ses cicatrices: «Chaque jour, ils en choisissaient quatre pour
les tuer. J'ai, moi-même, enterré deux de mes camarades qui agonisaient
encore après avoir été brûlés à l'essence.»
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